Dr Meïté Ismaila

Enseignant-chercheur en socio-anthropologie du travail et des organisations à l’Université Alassane Ouattara de Bouaké, le Docteur Ismaila Meïté s’impose comme l’une des voix académiques les plus pertinentes sur les transformations du travail, la précarité de l’emploi et la place stratégique des seniors dans les organisations africaines. Titulaire d’un doctorat en socio-anthropologie des organisations et du travail, obtenu avec la mention très honorable en juillet 2024, il inscrit son parcours à la croisée de la rigueur scientifique et de l’expertise opérationnelle.
Ses travaux de recherche interrogent en profondeur les dynamiques socioculturelles du travail, les mobilités humaines, l’économie informelle et les stratégies sociales de survie, avec une attention particulière portée aux déterminants socioculturels de l’émigration clandestine des jeunes en Côte d’Ivoire. À travers ses analyses, Docteur Meïté met en lumière les interactions complexes entre précarité économique, gouvernance publique, organisations sociales et politiques de développement. Une approche qui éclaire, par ricochet, les fragilités structurelles des institutions, notamment universitaires, face au vieillissement de leur capital humain.
Dans le cadre de ses recherches et de ses interventions, il insiste sur le rôle fondamental des seniors, qu’il qualifie de « colonne vertébrale du fonctionnement académique de l’université, à la fois sur le plan scientifique, pédagogique et organisationnel ». Pour lui, le véritable enjeu n’est pas seulement le renouvellement générationnel, mais la transmission. « À l’université, ce qui fait réellement fonctionner l’institution n’est pas toujours écrit : ce sont des pratiques informelles transmises par les seniors », observe-t-il. Or, ces savoirs tacites, ces codes organisationnels et ces réseaux scientifiques risquent de disparaître avec les départs à la retraite, faute de dispositifs formalisés.
Docteur Meïté alerte ainsi sur un risque souvent sous-estimé : « Le risque aujourd’hui, ce n’est pas le manque de compétences, mais la perte de la culture organisationnelle lorsque les seniors partent sans transmission formalisée. » Une situation qui fragilise la relève universitaire, encore largement dépendante de relations de mentorat informelles. « Le mentorat repose encore largement sur des relations personnelles ; or, quand les seniors s’en vont, ces relations disparaissent avec eux », souligne-t-il.
Cette réflexion s’inscrit également dans son engagement institutionnel. Docteur Ismaila Meïtéest membre de la commission Master 1 du département d’Anthropologie et de Sociologie de l’Université Alassane Ouattara, où il contribue à l’évaluation, à l’orientation et à l’accompagnement académique des étudiants. Il est par ailleurs membre du Laboratoire des Sciences Sociales Éducation et Développement (LASSED), au sein du Groupe de Recherche en Organisation, Communication et Changement (GRO2C), un cadre scientifique dans lequel il approfondit ses travaux sur les dynamiques organisationnelles, les mutations institutionnelles et les processus de changement social.
Au-delà du monde académique, son expertise s’appuie sur un parcours professionnel pluridisciplinaire. Titulaire d’un MBA en Marketing et Stratégies du CESAG de Dakar et d’un Master en Études de développement de l’Institut Universitaire d’Abidjan, Docteur Meïtéa collaboré avec plusieurs organisations internationales, dont l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Il y est intervenu sur des projets liés à l’emploi, au suivi-évaluation, à l’analyse de politiques publiques et à l’aide à la décision stratégique. Il s’intéresse également aux innovations financières et à la FinTech en Afrique, à travers des travaux de recherche appliquée.
Bilingue français–anglais, doté d’une solide connaissance des réalités sociales africaines, Docteur Ismaila Meïté défend enfin un enjeu souvent négligé : la reconnaissance symbolique des seniors. « Beaucoup de professeurs partent à la retraite sans reconnaissance institutionnelle, malgré toute une vie consacrée à l’enseignement et à la recherche », rappelle-t-il, estimant que ce capital symbolique est parfois plus déterminant que la dimension économique. Une réflexion essentielle à l’heure où l’Afrique doit penser la transition générationnelle sans perdre sa mémoire institutionnelle.
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